Mali: La Situation Devient Inquiétante

Essais

La transition en place au Mali n’est pas parvenue pour l’heure, à juguler les conflits dans le nord et le centre. La population malienne souffre de violences, en plus des mauvaises récoltes.

Les attaques attribuées aux groupes djihadistes ne cessent de se multiplier au Mali depuis quelques jours. Lundi 7 mars, dans la matinée, la base de N’tahaka, un verrou stratégique situé à 50 km de Gao (dans le nord du Mali) tenu par les forces de l’armée malienne (les FAMa), a été prise d’assaut par des djihadistes. Une opération, qui selon les médias maliens fut très violente.

L’état-major des armées à Bamako a annoncé, dans la soirée, avoir perdu seulement deux soldats et éliminé neuf « assaillants ». Un bilan impossible à vérifier. Dans la même journée, un convoi logistique de la mission des Nations unies (Minusma) a sauté sur une mine au nord de Mopti (centre), tuant deux casques bleus égyptiens.

1-Une panoplie d’attaques

Ces incidents s’ajoutent à plusieurs attaques durant les jours précédents. Samedi 5 mars, à la frontière mauritanienne, une quinzaine de civils auraient été tués en rentrant du Mali, selon plusieurs sources concordantes. .

Vendredi dernier, le 4 mars, un camp de l’armée malienne a été attaqué à Mondoro, dans la région de Mopti. Avec 27 morts, sept disparus et 33 blessés côté malien, cette attaque est la plus sanglante depuis le début de l’année au Mali. Elle relance les questions sur l’insécurité qui continue de prédominer dans le nord et le centre du pays, alors que l’armée française et plusieurs de ses alliés préparent le départ militaire et logistique du pays des forces Barkhane et Takuba. 

Cette attaque vient mettre en cause la relative accalmie que l’on observait depuis quelques semaines. En effet, selon Moutid Dara, président de l’Association d’aide et de secours aux déshérités du Mali, bureau de Mopti  (ASADES Mali), la situation à Mopti était plus calme.

Les tensions interethniques entre Peuls et Dogon sont retombées et désormais, les membres de son association pouvaient mieux circuler. Moutid Dara a constaté un changement depuis six mois environ.

« Avant, je ne pouvais pas aller à Bandiagara ou Mopti régulièrement, mais maintenant je peux le faire régulièrement. Il y a des patrouilles, les FAMA, la Minusma », a-t-il fait savoir. Malheureusement cette joie a été de courte durée.

2-Sept millions de personnes dans le besoin

Près d’1.150.000 personnes relevaient du Haut-Commissariat de l’Onu aux Réfugiés (HCR), fin janvier, au Mali. Ce chiffre prend en compte les réfugiés, qui ont fui à l’étranger (plus de 53.700 personnes), les déplacés internes (plus de 350.000 personnes éparpillées dans plusieurs régions du Mali) et ceux qui sont rentrés dans leur région d’origine mais qui ont toujours besoin d’une assistance, principalement dans les régions de Gao, Ségou, Tombouctou.

3-La ville de Bamako en danger ?

La recrudescence, ces derniers jours, des attaques djihadistes sonne comme un cinglant démenti aux communiqués triomphalistes de Bamako. En réalité, jamais le Mali n’a été dans une situation aussi périlleuse pour son intégralité territoriale.

Dans une note de l’Institut français des relations internationales (l’Ifri) publiée début février, Mathieu Pellerin documente leur progression vers le sud du pays, à Koulikoro, Sikasso et Kayes : « La pression exercée sur ces trois régions augure d’une menace nouvelle pour le Mali, celle d’un encerclement progressif de Bamako. »

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