Top 5 Influenceurs D’agro-Business En Afrique

Edem

Aujourd’hui en Afrique, pour beaucoup de personnes il suffirait de faire de grandes études pour s’en sortir dans la vie. De ce fait plusieurs activités du secteur primaire sont considérées par la majorité des populations, surtout urbaine, comme réservées aux pauvres et aux campagnards. C’en est le cas de l’agriculture. Moi, comme eux j’avais cette même conviction, jusqu’au jour ou j’ai fait la surprenante découverte de certains de nos frères et sœurs qui ont fait fortune dans et par l’agriculture. Qui sont-ils et comment ils y sont parvenus ? Voilà ce qui constituera la base de cet article.

Maria Zileni ZALOUMIS

Maria Zileni ZALOUMIS
Maria Zileni ZALOUMIS

Titulaire d’une licence en science infirmière à de l’Université Catholique Australienne et d’une maîtrise en cardiologie de l’hôpital Wesley, Maria a toujours eu pour passion première l’agriculture. Après avoir travaillé 12 ans en Australie elle a économisé 30.000 dollars américain comme capital de démarrage à investir dans la culture de la tomate. Elle revient en Zambie dans son pays natal et décide de reprendre la ferme de son père malade. Une fois dans sa Zambie natale, elle a eu du mal a trouvé un emploi, les hôpitaux locaux la trouvant trop qualifiée. En 2016, elle lance l’activité sur la ferme d’ ½ hectare que des années elle réussie à l’étendre sur 13 hectares. Une superficie qui lui permit de récolter en moyenne  250 caisses de tomates par jour qu’elle commercialise sur les marchés locaux via de grands distributeurs comme Freshmark Africa (Z) Ltd. Dès lors elle lança Tunisi farm ou encore The Zed farmer. Nommée présidente de l’Union Nationale Des Agriculteurs De Zambie pour la filière fruit et légume et ambassadrice de l’African Pride Insurance, un service d’assurance en Zambie, celle qu’on surnomme la Zed Farmer est devenue aujourd’hui la productrice principale de son pays et ne se limite pas qu’a la culture de la tomate et a également lancé la production d’oignon et un projet pilote de semences de chou et de semis tomates. Malgré ses multiples succès la Zed Farmer garde les pieds sur terre et reconnait l’importance de se préparer à l’échec dans toute l’aventure entrepreneuriale. Elle ambitionne désormais de se lancer dans la transformation industrielle et de créer mille emplois pour lutter contre le chômage des jeunes dans son pays

YEMISSI IRANLOYE

YEMISSI IRANLOYE
YEMISSI IRANLOYE

Encore une autre femme qui s’est taillée une place dans l’agrobusiness. YEMISSI IRANLOYE, la reine du manioc terrasse toutes les multinationales et maintient le trône. Fournisseur de Nestlé et d’Unilever en produits à base de manioc. Comment cette entrepreneure nigériane a bâti son entreprise agroalimentaire ? Elle a conçu l’idée Psaltry International Limited, une entreprise de transformation du manioc en 2005. A l’époque elle était employée dans une entreprise où elle travaillait beaucoup avec le manioc et était exposée au potentiel commercial de cette culture.  Alors qu’elle était encore employée elle payait par intermittence sa première parcelle de terre sur laquelle elle a plus tard développer sa ferme et son usine. Elle confia :

« Après dix ans avec ECA AGRO j’ai déménagé de Lagos à la ferme dans une campagne, j’ai construit une petite maison et je suis restée à la ferme avec environ six employés. Nous avons cultivé la terre et travaillé avec les petits agriculteurs de la communauté. Nous nous sommes engagés avec eux pour changer leur façon de penser de l’agriculture à des fins industrielles. Je connaissais déjà mes paramètres de réussite, les matières premières et la proximité des matières premières. ».

Le manioc est l’un des aliments les plus consommés en Afrique subsaharienne et sa transformation vise principalement la grande consommation alimentaire. Psaltry International Limited s’est spécialisé dans la production et la transformation du manioc au Nigeria parmi ces produits dérivés on trouve de l’amidon, de la farine mais aussi du sorbitol un édulcorant naturel obtenu à partir de ce tubercule. Si le concept de YEMISSI a connu un vif succès ces dernières années, elle confie avoir fait face à de nombreux obstacles à ses débuts notamment l’accès difficile à l’eau et à l’électricité en zone rurale, le manque de financement et les routes impraticables. Lancé en 2005 Psaltry International Limited est le premier à produire du sorbitol à base de manioc en Afrique et le deuxième au monde après l’Indonésie. Il réalisait un revenu annuel de 12 millions de dollars. Au bout de dix années d’exercice, l’entreprise gère un réseau de plus de 5000 fermiers. A présent, YEMISSI se tourne vers les investisseurs internationaux en vue d’une expansion.

Dieudonné Diego Twahirwa

Dieudonné Diego Twahirwa
Dieudonné Diego Twahirwa

Diego Twahirwa est un jeune agriculteur qui est en train de changer l’économie de son pays le Rwanda. À 30 ans, ce jeune agro-entrepreneur va faire du piment la première exportation agricole de son pays. En 2015, Diego lance Gashora farms sa petite ferme de production de piment sur six hectares. Très tôt il s’est donné une vision qui est de transformer et vendre ses produits sur le marché international malgré les petits moyens dont il dispose. Cette ambition folle l’amène à entreprendre de petits voyages pour aller à la rencontre des leaders de l’agrobusiness lors des forums, des foires et des salons internationaux. Il décide de fabriquer ses propres produits à base de piments. Peu d’années après avoir lancé sa ferme le jeune Diego a fini par rencontrer ses premiers clients et à commencer par exporter ses produits en Europe. Diego Twahirwa ne s’est pas donné des limites et cherche toujours à aller au-delà. Ainsi voyant la chine comme un grand marché mondial du fait des bonnes relations entre la chine et son pays il s’est décidé de chercher des opportunités et de tenter le marché chinois. En septembre 2020 Diego Twahirwa  a signé un accord avec une société chinoise pour la fourniture de 50 mille tonnes de piment par an pendant cinq ans, un contrat de 500 millions de dollars. Cet accord lui a permis de passer d’environ 6 hectares à 160 hectares d’employer plus de personnel et d’investir dans de meilleurs engrais et semences. Les bonnes relations entre la chine et le Rwanda ont permis à des agriculteurs comme lui de réaliser ses rêves sur le marché chinois qui est assez unique par rapport aux autres car ils acceptent une large gamme de marchandises sans grande complication.

Affirme-t-il « Ce que j’ai remarqué c’est que les chinois étaient très intéressés et désireux d’acheter et distribuer des produits fabriqués en Afrique, ils considèrent mon produit comme une innovation car ils ne sont pas habitués au chili glacé de l’ouest et ils sont prêts à en acheter en grande quantité. Ils ont de l’argent et font confiance aux produits africains ».

 Il y a moins d’un an Gashora farms était déjà connue à l’international pour la qualité de son piment qu’ils exportaient notamment vers l’Angleterre, la Suisse, la Hollande, la Belgique, la France, l’Inde ou encore les Etats-Unis. Gashora farms, aujourd’hui la firme emploie plus de 1000 fermiers et prévoit d’en accroître le nombre et son PDG étudie la possibilité d’élargir sa gamme de produits avec de la pâte de piment et de la poudre de piment de quoi aider le Rwanda à franchir un palier supplémentaire dans sa marche vers le développement.

Nahondomo PALENFO

Nahondomo PALENFO
Nahondomo PALENFO

Dans la suite de notre série partons au Burkina Faso pour découvrir Nahondomo PALENFO un agriculteur courtisé par les banques. Après son bac obtenu en 1994, il a décidé de se consacrer au travail de la terre c’est ce qu’il a toujours voulu faire, son affaire c’est la terre et comme il le dit si bien « il faut croire en son affaire et le reste ira ». Il entreprend donc de donner plus d’envergure à son activité en diversifiant ses productions. Un quart d’hectare, c’est avec cette superficie qu’il commence en 2008.

Il confie : « Les résultats m’ont prouvé qu’on pouvait se faire de l’argent dedans et j’ai étendu les hectares, j’ai acheté les équipements avec les revenus que le ¼ d’hectare m’avait permis d’avoir actuellement ».

Maintenant, il dispose de 150 hectares le long du fleuve Poni, 8 hectares lui appartiennent, le reste est loué. Les terres sont encore disponibles parce que dans la localité beaucoup ne se donnent pas encore à cette activité. « Nous obtenons les terres sur négociations » affirme-t-il. Il emploie 18 personnes de façon permanente dont 15 hommes et 13 femmes. En période de récolte il créé 65 emplois temporaires avec 26 hommes et 40 femmes, c’est tout une entreprise. D’année en année sa production a augmenté, son équipement aussi. Il faut noter que le producteur est le principal fournisseur d’une variété de manioc aux producteurs de cette tubercule dans l’ensemble du pays sur un investissement compris entre 29 et 30 millions de francs CFA.

Loïc Kamwa

Loïc Kamwa
Loïc Kamwa

Il n’est forcément pas multimilliardaire mais c’est son approche didactique et son engagement vers l’Afrique et sa diaspora qui feront de lui un leader de son secteur. Né au Cameroun et a grandi dans une famille d’entrepreneurs il apprend les métiers du sol auprès de ses parents très actif dans l’agriculture. Il étudie l’économie et la gestion au Cameroun. Parti aux USA pour parfaire sa formation en administration des affaires à l’université d’état de NEW YORK. Il retourne au Cameroun avec un Bachelor Of Science et devient agrobusiness man. Loïc est un agriculteur spécialisé dans les céréales comme le maïs et éleveurs dans une plantation de taille moyenne. Il a commencé avec quatre hectares avec l’objectif de devenir leader en production de céréales et de volailles en Afrique. En 2020 il produit des céréales sur une exploitation mécanisée de quelques dizaines d’hectares. Il est aussi promoteur d’une école pratique de formation aux métiers de l’agriculture et de l’élevage. En 1 ou 2 semestre il forme au Cameroun des jeunes venus de plusieurs pays d’Afrique. Il cofonde en 2018 le centre de formation agréé Agribusiness Academy à Bafia où il devient une figure connue des réseaux sociaux et de l’entrepreneuriat avec des vidéos régulières sur Youtube dont il produit le contenu et qui aborde divers thèmes.

 

Tous ces influenceurs sont aux premières lignes du secteur agricole. Grâce à eux, on comprend comment l’agriculture en tant qu’investissement fonctionne et est source de richesse en Afrique.

 

 

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