L’Espérance De Vie Des Femmes En Afrique 

David Kipre

86,8 ans, c’est l’espérance de vie la plus élevée dans le monde chez les femmes. Elle ne concerne malheureusement pas l’Afrique. Il s’agit d’un chiffre du Japon. De 50.8 ans en Sierra Léone à 78,6 ans en Algérie. C’est la fourchette de l’espérance de vie des femmes en Afrique. Depuis des années, ce chiffre est en constante augmentation. Il pose également des questions qu’il est important d’élucider.

1-Les raisons de cette progression certaine

L’espérance de vie progresse en Afrique. Aussi bien chez les hommes que chez les femmes, on y vit plus longtemps. Contrairement à ce qui est accepté populairement, l’Afrique aussi est en vieillissement. Selon le site de la BAD, les personnes âgées de plus de 65 ans sont passées de 3,3 pour cent en 2000 à 3,6 pour cent en 2010.

La plupart de ces personnes âgées sont des femmes. La donnée de la croissance se pérennise depuis  déjà une quarantaine d’années. La tendance risque de s’accélérer dans les prochaines années. Les seniors pourraient représenter d’ici 2030 environ 4,5 pour cent de la population.

Elle rattrapera, selon les prévisions, la proportion des pays industrialisés d’ici 2050. Il est toutefois important de remarquer que de nombreux pays africains ne sont malheureusement pas préparés. Il est question principalement des soins de santé des personnes âgées et des retraites.

Contrairement à de nombreux pays développés, les nations africaines ne sont en général pas particulièrement bien équipées pour faire face à l’augmentation du nombre de personnes âgées. Elles ont tendance à régler directement leurs factures d’hôpital et de consultations médicales.

2-Une espérance de vie plus élevée chez les femmes que chez les hommes

Ces problématiques qu’il était important pour nous de souligner concerne plus les femmes. En effet, si les femmes vieillissent plus que les hommes. Les raisons ne sont pas encore connues avec certitudes. Une récente étude, dirigée par Jean-François Lemaître, de l’Université Claude Bernard Lyon 1, en France permet d’avoir des éclairages nouveaux sur le sujet.

L’article a été publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. En premier lieu, l’article a bien confirmé qu’il s’agissait d’une constante chez tous les mammifères. L’étude s’est intéressée à des populations appartenant à 101 espèces.

L’observation a permis de se rendre compte qu’une fois la maturité atteinte, les femelles avaient une espérance de vie 11 pour cent plus longue que les mâles. Les observations de l’équipe ont également mis à mal certaines théories préexistantes. Il s’agit par exemple de la théorie selon laquelle les mitochondries seraient plus adaptées aux femelles. Puisque, rappelle-t-on, c’est la mère qui lègue ses mitochondries à sa progéniture.

 Une fonction de la sélection naturelle aurait ajusté les mitochondries au métabolisme féminin, au détriment des mâles. Il y a d’autres théories semblables. Ces théories sont valables, néanmoins, elles n’expliquent visiblement pas l’écart entre l’espérance de vie des mâles et des femelles. Si elles justifiaient l’écart de longévité, on n’observerait pas une diversité entre espèces aussi haute que celle constatée au cours de cette recherche. Chez certaines espèces la différence est quasiment nulle, chez d’autres par contre, elle avoisine les 60 pour cent.

Ce que conclut l’article, c’est que cette différence est due à plusieurs facteurs. L’espérance de vie élevée chez les femmes serait donc due en même temps à l’environnement et à la génétique. Par ailleurs, on sait qu’un taux élevé de testostérone nuit au système immunitaire.

3-Une espérance de plus élevée mais…

Malgré l’espérance de vie des femmes qui est plus élevée, elles sont sujettes à d’autres contrariétés. Les femmes ont une morbidité importante et ont recours aux services de santé plus souvent que les hommes. En Afrique, le système de santé ne permet pas de garantir l’intégrité des femmes. Aujourd’hui encore, les maladies non transmissibles constituent une importante cause de décès chez les femmes.

Les femmes dépriment plus souvent que les hommes. Les jeunes femmes représentent la majorité des personnes vivant avec le VIH. Les enjeux liés à la procréation sont, aujourd’hui encore, des maux à combattre de toutes les forces

. Au cours de sa vie, une femme sur trois dans le monde a de grandes chances de connaître des violences physiques et / ou sexuelles. Comme sur tous les plans liés à la santé et à la croissance de l’Afrique, il reste d’immenses efforts à fournir.

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