5 raisons qui poussent les femmes à travailler à domicile

Edem

Les femmes représentent plus de 40 % de la main-d’œuvre mondiale. Malgré cela, la santé et la sécurité des femmes au travail continuent d’être un souci auquel peu de chefs d’entreprises arrivent à prendre en main. C’est cela que nous allons explorer. Et aussi découvrir pourquoi et comment le télétravail qui s’est vulgarisé avec l’avènement de la crise sanitaire parait être une résolution efficace à tous ces problèmes que rencontrent les femmes.

Les dangers encourus par les femmes sur les lieux de travail différences physiques

Les femmes présentent un certain nombre de différences physiques par rapport aux hommes. Elles sont quelque peu délicates. Il peut donc être difficile de trouver des équipements de protection individuelle (EPI) bien ajustés, car la plupart des vêtements de travail sont encore conçus pour « l’homme moyen ». Avec la recrudescence du télétravail, au japon par exemple, la chaine de supermarchés Famili Mart a installé des robots pour faire le réassort dans ses rayons. Ils sont télécommandés par les magasiniers et caissières restés chez eux.

Les périodes de Grossesses

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Lorsqu’il s’agit de travail en présentiel, il est évident que les femmes enceintes ne peuvent pas se pencher, soulever et porter des objets comme le font leurs collègues non enceintes. De nombreux employeurs le reconnaissent et modifient la charge de travail en conséquence. Mais d’autres dangers, comme les produits chimiques dangereux, sont moins évidents. Les employeurs ne sont pas toujours disposés à prendre des mesures d’adaptation en cas d’imprévus. Au moins le fait de travailler dans un environnement que l’on peut facilement configurer à son gré réduit ou annule tous risques présents sur un lieu de travail classique.

Le télétravail une solution palliative

Les adeptes du télétravail en soulignent souvent deux avantages : la réduction du temps de transport, la conciliation travail/famille et un cadre de travail plus sûr. « Plus les travailleuses doivent consacrer d’heures à leur vie familiale et plus elles apprécient, en temps normal, la possibilité d’effectuer du télétravail », remarque Tania Saba, professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal.

Cela pourrait expliquer les résultats d’une vaste enquête d’opinion à laquelle a participé la professeure. « Celle-ci montrait que les femmes souhaitaient tout autant que les hommes continuer à faire du télétravail, même une fois la pandémie résorbée », résume-t-elle.

LE REVERS DE LA MEDAILLE

En effet, si le télétravail comporte de nombreux avantages en matière de productivité, de concentration et de diminution du stress, les femmes et les hommes ne sont pas tous égaux face à ce nouveau mode de travail. Parmi ses inconvénients figurent l’effacement de la frontière entre vie privée et vie professionnelle et le bousculement des rythmes de travail. Des inconvénients qui touchent davantage les femmes.

Les femmes sont 30 % de moins que les hommes à disposer d’un espace de travail isolé. D’ailleurs, selon l’INED (Institut national d’études démographiques), 39 % des hommes travaillent dans une pièce spécifique qui leur est réservée, contre un quart des femmes en télétravail (25 %). De plus, elles sont 50 % plus nombreuses que les hommes à être fréquemment interrompues dans leur travail. Yasmina Drissi, directrice adjointe Employabilité au Conseil d’intervention pour l’Accès des Femmes au Travail (CIAFT), s’inquiète aussi des risques d’isolement des femmes, notamment celles qui subissent des violences familiales. « Aller au travail donne accès à un réseau social et ouvre des possibilités de se confier ou de demander de l’aide qui disparaissent lorsque l’on se retrouve confiné au domicile », déplore-t-elle.

Quelques solutions envisageables

Selon Anne Bourhis professeure titulaire au Département de gestion de ressources humaines de HEC Montréal, tant les travailleuses que les gestionnaires peuvent poser des gestes concrets pour atténuer les impacts plus négatifs du télétravail chez les femmes.

« Lorsque c’est possible, les femmes doivent s’installer dans une pièce ou à tout le moins un espace spécifiquement réservé au travail et disposer d’un équipement ergonomique et informatique approprié », conseille-t-elle. Elle précise que dans certains pays l’on a vu beaucoup d’employeurs s’activer assez tôt dans la pandémie pour payer de tels outils à leurs salariés. Certains n’ont pas hésité à leur envoyer du mobilier de bureau ou de l’équipement numérique directement à la maison.

Le brouillage du temps de travail et des temps sociaux constitue par ailleurs un risque inhérent au recours massif au télétravail. Anne Bourhis croit que les gestionnaires devraient s’assurer que les travailleurs bénéficient de moments où ils ne sont pas tenus de répondre à leurs courriels ou messages textes, et surtout, le faire savoir très clairement. Elle invite toutefois à faire preuve de flexibilité. Certains employés pourraient par exemple espérer avoir ce temps libre entre 16 h et 19 h afin de s’occuper des enfants, alors que d’autres préféreront d’autres périodes.

« L’idéal consiste à établir une politique claire sur ce sujet, à l’exprimer explicitement et à éviter les messages contradictoires, prévient Anne Bourhis. Les salariés doivent non seulement sentir qu’ils ont la latitude de se déconnecter, mais que l’entreprise l’encourage. »

Le télétravail peut apporter des bénéfices intéressants pour les femmes, mais ses effets dépendent énormément des conditions physiques et psychologiques dans lesquelles il s’exerce. Les travailleuses, les gestionnaires et les gouvernements ont tous du travail à accomplir pour faciliter un virage qui s’est pris beaucoup plus rapidement que prévu.

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