La Chine: Le Nouveau CrĂ©ancier De L’Afrique.đź’°

Hermann

Une amitiĂ© aux multiples facettes, des accords Ă  des milliards de dollars, un ogre dans un supermarché… Les relations entre la Chine et l’Afrique peuvent se rĂ©sumer ainsi. Une relation grandissante depuis quelques annĂ©es. Pour les deux protagonistes, la conception de cette collaboration est diffĂ©rente. L’un pense avoir trouvĂ© sa manne  financière. L’autre sa source intarissable. Qu’est-ce  qui a Ă©tĂ© le dĂ©clic de cet intĂ©rĂŞt de la Chine pour l’Afrique ? Quels changements posent cette union ? L’Afrique en profite-t-elle ? Quelles sont les problèmes au sein de ce couple ?

Pourquoi la chine s’interesse Ă  l’Afrique ? 🤭

L’intĂ©rĂŞt que porte la Chine pour l’Afrique ne date pas d’hier. Dans les annĂ©es 1960, la Chine s’est Ă©pris pour les nations africaines nouvellement independantes. Suite Ă  la  levĂ©e de l’emprise de l’occident, la Chine s’est faite de nouveaux alliĂ©s sur le continent. Une stratĂ©gie politique qui s’est vite traduite par le retrait de Taipei au profit de Pekin Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU dès 1971. La seconde puissance Ă©conomique mondiale vise encore plus. Pour asseoir son hĂ©gĂ©monie, la Chine a besoin de plus de matières premières, de pĂ©trole, de gaz naturel et de ressources naturelles. Alors elle s’est orientĂ©e vers l’Afrique qui en dispose. De plus avec son projet des « nouvelles routes de la soie » lancĂ© en 2014 par le prĂ©sident XI JINPING, l’atout « Afrique » devient essentiel. Elle est majeure dans la rĂ©alisation de ce dessein. L’intĂ©rĂŞt que suscite la Chine pour l’Afrique relève de l’Ă©conomie et de la politique

 

.

Comment se traduit ce partenariat ?🤝

L’ impact chinois sur le continent est loin d’ĂŞtre invisible. La Chine est devenue en 2009 le premier partenaire commercial de l’Afrique devant les États-Unis. Les Ă©changes entre la Chine et l’Afrique se sont accĂ©lĂ©rĂ©es d’environ 20% par an. Les entreprises chinoises opèrent dans de nombreux secteurs de l’Ă©conomie africaine. Dans le secteur industriel, 12% de la production soit 500 milliards de dollars par an sont gĂ©rĂ©s par des entreprises chinoises. Les industries textiles en Éthiopie font une partie importante de ce revenu. Dans les infrastructures, la domination des entreprises chinoises est encore plus prononcĂ©e. Elles revendiquent près de 50 % du marchĂ© de la construction sur le continent. La construction d’un mĂ©tro aĂ©rien en Éthiopie et d’une ville industrielle au Maroc tĂ©moignent du poids de la Chine en matière de building en Afrique. La Chine a dĂ©boursĂ© 200 millions de dollars pour offrir au continent le nouveau siège de l’UA Ă  Addis-Abeba en 2012. Parmi ces grosses entreprises qui interviennent sur le continent, on peut citer la China Railway Construction Corporation (CRCC). PrĂ©sente dans 39 pays Africains dont le BĂ©nin,la Tanzanie, la CĂ´te d’Ivoire… cette compagnie spĂ©cialiste du ferroviaire a reliĂ© le port de Mombasa et la capitale Nairobi en 2015.La China Communications Construction Company (CCCC) a qui l’on doit l’extension de l’aĂ©roport de Bole en Éthiopie, la modernisation du port de Banjul en Gambie et bien d’autres. Ces marques chinoises pullulent sur le continent. En effet la politique commerciale chinoise qui consiste Ă  proposer des services Ă  un coup trois fois moindre est un atout qui handicape la concurrence. A cet effet, l’ancien prĂ©sident tanzanien John J. MAGUFULI disait «la Chine est une vraie amie qui offre son aide sans conditions. (…) Les choses gratuites sont très chères surtout quand elles proviennent de certains pays. Les seules qui ne coĂ»tent rien sont celles qui viennent de Chine ». AjoutĂ©e Ă  ça la disponibilitĂ© d’une main-d’Ĺ“uvre qualifiĂ©e et dynamique. C’est ce que propose la China State Construction & Engineering Corporation (CSCEC) un gĂ©ant du BTP installĂ© en AlgĂ©rie depuis près de 20 ans. L’emprise chinoise ne se limite uniquement pas aux infrastructures. Les investisseurs chinois s’intĂ©ressent Ă©galement Ă  l’agriculture africaine en la modernisant. Dans le domaine sanitaire, ils s’illustrent par la construction des hĂ´pitaux, en faisant des dons de mĂ©dicaments et de nouvelles technologies mĂ©dicales. Certaines ONG chinoises interviennent dans le secteur Ă©ducatif dans les milieux reculĂ©s. Les actions chinoises sur le continent noir l’aident Ă  raccourcir l’Ă©cart par rapport aux autres continents.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Magufuli

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/China_Communications_Construction 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/China_Railway_Construction

Un accord Ă  double facette.

Le gouvernement chinois est particulièrement actif pour solidifier les investissements chinois vers l’Afrique. Les initiatives chinoises sont appuyĂ©es par des mĂ©canismes de coopĂ©ration, notamment dans l’accès aux matières premières. En octobre 2000, Pekin signe le Forum sur la coopĂ©ration sino-africaine ( FCSA) avec 49 pays africains. Ainsi la Chine devient le premier investisseur sur le continent. Les deux parties s’engage sur un accord de  « gagnant-gagnant ». La chine reste dans un rĂ´le de crĂ©diteur et l’Afrique de dĂ©biteur. Cet accord fait paraĂ®tre de nouvelles clauses dites de sĂ»retĂ©. Selon celles-ci si une nation est dans l’incapacitĂ© de rembourser en fonds, elle devra le faire en nature. la Chine peut percevoir son dĂ» en matière première, en or, en pĂ©trole ou carrĂ©ment en infrastructures .C’est sur des principes semblables que la Chine s’est emparĂ©e d’un port du Sri-Lanka pour 99 annĂ©es. En 2015, le gouvernement chinois a pris le contrĂ´le d’un port dont il a lui mĂŞme financĂ© la construction au sud du Sri-Lanka. A coĂ»t de plusieurs milliards de dettes, le Sri-Lanka n’a fait que obĂ©ir Ă  la demande de la puissance chinoise. De pareils faits risquent d’arriver aux pays africains. Une Ă©tude menĂ©e sur la dynamique des activitĂ©s chinoises en Afrique a conclu que « le nombre d’entreprises privĂ©es et le montant des investissements qu’elles versent en Afrique augmentent simultanĂ©ment.». Ce qui prouve les intentions de la Chine sur un continent avec un taux de remboursement très faible. Le Kenya acculĂ© par les dettes est dans l’obligation de confier le port de Mombasa à la Chine.

 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Forum_sur_la_coop%C3%A9ration_sino-africaine

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sri_Lanka

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mombasa

 

L’Afrique tire-t-elle bĂ©nĂ©fice de ces implantations chinoise ?

Dans un rapport publiĂ© par le cabinet McKinsey, les auteurs sont plutĂ´t optimistes :  « Dans l’ensemble, nous croyons que la participation croissante de la Chine en Afrique est fortement positive pour les Ă©conomies, les gouvernements et les travailleurs africains. ».  Sur le continent l’action chinoise aussi des avantages :La CrĂ©ation d’emplois, le dĂ©veloppement des compĂ©tences, le transfert de connaissances et des technologies, le financement et le dĂ©veloppement d’infrastructures. Cependant, la rĂ©alitĂ© des Ă©changes entre l’Afrique et la Chine rĂ©vèle aussi des faces sombres. Seuls 47 % de l’approvisionnement des entreprises chinoises provient de sociĂ©tĂ©s africaines locales. Seulement 44 % des gestionnaires locaux des entreprises chinoises sont africains. Des spĂ©cialistes indexent les sociĂ©tĂ©s chinoises dans des violations du travail et de l’environnement. La discorde naissante entre la Chine et la RDC est l’une des affaires qui manifeste le non-respect des accords par la Chine. La sociĂ©tĂ© civile  congolaise accuse les dirigeants de la SICOMINES  de diverses fraudes. Depuis le dĂ©but du second semestre de l’annĂ©e 2021, la sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans l’exploitation minière est soupçonnĂ©e de malversations et d’exploitation illicite d’or  au sud du Kivu. Ces types d’insurrection entre autochtones et  travailleurs chinois deviennent rĂ©currents sur le continent. Ces points faibles traduisent surtout les nuances qui existent dans l’approche des relations de certains pays africains avec la Chine.

https://fr.wikipedia.org/wiki/McKinsey%26_Company

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kivu

Le monde tout rose vendu Ă  l’Afrique part la Chine n’est qu’utopie. Dans son dĂ©sir de suprĂ©matie la Chine n’Ă©prouve aucune pitiĂ© pour les petites nations. Quant Ă  l’Afrique aujourd’hui soumise financièrement Ă  la Chine, elle n’est qu’une Ă©tape, une pièce de plus au contrĂ´le de la Chine sur l’Ă©chiquier politique.

Laisser un commentaire